Témoignage de l’adjudant-chef Emmanuel Segura, sapeur-pompier professionnel qui a réussi le concours de SPP en 1999 !
« Ce n’est pas parce qu’on n’a pas fait de grandes études qu’on ne peut pas réaliser de grandes choses. Le métier de pompier permet aussi d’évoluer, de se former et de s’accomplir. » – Emmanuel, SPP depuis 1999
Pourquoi j’ai voulu devenir pompier professionnel
Depuis l’adolescence, j’ai toujours su que je voulais être pompier. Ce métier m’attirait pour ce qu’il représente : l’action, la solidarité, le secours, le sens du devoir et la cohésion.
J’ai commencé comme sapeur-pompier militaire de 1996 à 1998, puis j’ai passé le concours de sapeur-pompier professionnel, ce qui m’a permis d’intégrer la profession que j’aime profondément.
Mais à l’époque, on n’entrait pas caporal, comme aujourd’hui.
En 1999, après le concours, j’ai été recruté au grade de sapeur-pompier professionnel de 2ᵉ classe. C’était le premier échelon.
Au bout d’un an, j’ai accédé au grade de 1ʳᵉ classe, puis, quelques années plus tard, au grade de caporal, en passant par la promotion interne.
C’était un parcours progressif, basé sur l’expérience, la formation et l’ancienneté.
Aujourd’hui, les choses ont changé : les candidats peuvent intégrer directement la profession avec le grade de caporal, à l’issue du concours (externe ou interne).
C’est une vraie reconnaissance du métier, mais cela exige aussi un niveau d’engagement, de préparation et de responsabilité plus élevé dès le départ.
Ce que j’ai appris de ce parcours, c’est que chaque étape compte. Qu’on entre par la voie militaire, volontaire ou par concours, c’est l’envie d’apprendre, de progresser et de servir qui fait la différence.
Mon parcours scolaire ? Modeste, mais déterminé
Je n’ai pas eu un parcours scolaire linéaire. J’ai tenté le niveau bac, sans le valider. Ce que j’avais en poche, c’était le diplôme national du brevet des collèges (mais aujourd’hui, j’ai un BAC +3, je vous explique, ci-dessous…)
Mais c’est grâce à ce seul diplôme que j’ai pu présenter le concours de caporal sapeur-pompier professionnel. Et je peux vous le dire : tout est possible, quand on s’en donne les moyens.
L’épreuve sportive : ma force
J’ai toujours eu le goût de l’effort physique. Avant le concours, je m’entraînais tous les jours : course, tractions, port de charge, parcours pompier.
Le jour J, j’ai été parmi les meilleurs aux épreuves sportives. Cet entraînement m’a clairement aidé à me démarquer.
Et ce que j’ai trouvé vraiment génial en arrivant en caserne, c’est l’importance accordée au sport au quotidien.
Il y a dans presque toutes les casernes de vraies salles de sport bien équipées : bancs, poids, haltères, rameurs, vélos, tapis, cages de CrossFit, etc. C’est un peu comme si on avait un abonnement gratuit dans une salle type Fitness Park… mais en mieux, parce qu’on peut y aller quand on veut, et qu’on s’entraîne entre collègues dans une super ambiance.
Ce qui est motivant aussi, c’est la diversité des profils :
Certains pompiers sont très forts en cardio, d’autres en musculation pure, certains sont souples comme des gymnastes, d’autres enchaînent les burpees comme des machines. Il y a même des passionnés de course à pied, de natation, de sports de combat ou de CrossFit.
Il y a beaucoup de sport, et chacun s’entraîne à son rythme, selon ses objectifs. Mais l’environnement pousse naturellement à se dépasser.
On a aussi souvent des profs de sport affectés aux SDIS, qu’on appelle les EAP (Éducateurs d’Activités Physiques). Ils organisent des séances collectives, aident à progresser, préparent aux épreuves physiques et accompagnent les blessures ou la reprise du sport.
Et si on est passionné, on peut se former pour devenir EAP à son tour : une spécialisation interne qui permet de transmettre et d’entraîner les autres pompiers.
Encore une fois, c’est une belle preuve que le métier permet d’évoluer : dans l’intervention, dans la pédagogie, dans le sport ou ailleurs.
Se former en interne, une vraie richesse
Une fois entré dans le métier, j’ai pu accéder à plusieurs formations internes :
- Formateur de premiers secours en équipe
- Formateur de premiers secours civiques
- Concepteur de formation
- Formateur de formateurs de premiers secours
- Formateur incendie
- Formateur de secours routiers
- …
Mais je ne me suis pas arrêté là. J’ai voulu montrer à mes enfants qu’on peut reprendre ses études, même à l’âge adulte. Sur mes temps de repos, j’ai travaillé pendant 2 ans (quelques heures par mois) sur une validation des acquis de l’expérience (VAE).
Résultat : j’ai obtenu une licence professionnelle de formateur en milieu professionnel, en sciences humaines.
Aujourd’hui, j’ai un diplôme bac +3 reconnu, et je suis fier de ce chemin.
L’oral du concours : rester soi-même
L’entretien avec le jury n’était pas un obstacle. J’ai parlé de mon expérience, de ma motivation, de ma volonté de progresser.
Mon conseil : soyez sincère. Ce qu’on attend de vous, c’est de l’engagement, de la maturité, et de l’envie de servir.
Ce que je dirais à quelqu’un qui hésite
Si tu es volontaire, réserviste ou militaire et que tu hésites à te lancer : vas-y. Prépare-toi sérieusement, oui. Mais ne te dis pas que c’est réservé aux élites ou aux diplômés.
Ce métier, c’est une école de la vie. On y apprend à sauver, à servir, à se dépasser. Et une fois dedans, on peut continuer à évoluer, à apprendre, à transmettre.
En résumé :
| Épreuve | Mon conseil |
|---|---|
| QCM interne | Revois les bases pompier : missions, matériels, grades, organisation |
| Sport | Prépare-toi sérieusement, vise au moins 15/20 à chaque épreuve |
| Entretien | Sois toi-même, parle avec passion et professionnalisme |
Et toi, tu t’inscris quand ?
Si ce témoignage te parle, n’attends pas.
Prépare-toi
Entraîne-toi
Crois en toi
Le métier de sapeur-pompier professionnel a besoin de gens comme toi.
Je suis co-fondateur des sites www.devenir-pompier.com et www.protectiris-formations.com, et je fais partie de ceux qui t’aident à réussir.
Quand j’accompagne quelqu’un vers la réussite, je vis chaque victoire comme une fierté partagée.
Il se crée souvent un lien fort avec celles et ceux que j’ai aidés — même si, avec les années, ça commence à faire beaucoup… et tant mieux !